Valérie Blass – Valérie Blass, La poudre aux yeux: Of smoke in mirrors, MAY 23–JUNE 27, 2020

Valérie Blass
La poudre aux yeux: Of smoke in mirrors
May 23–June 27

Catriona Jeffries

What is a ghost without a sheet? An invisible form, the memory of an individual partially physicalized, a history made present and visible only from a thin layer of fabric, a form indifferent to gravity and physics. A ghost occupies a space between this plane and another unknowable one, inhabiting both spaces simultaneously.

In La poudre aux yeux: Of smoke in mirrors, a survey of the most recent sculptures of Montreal-based artist Valérie Blass, the works share a similar disregard for the boundaries of physical reality, the body and its inherited cultural categories. The suggestion of bodily presence has haunted her practice, here explicitly or subtly figured anew in each work. To be clear, these works do not rely purely on simple, uncanny tricks for their effect, but confound through a layered multitude of visual and intellectual surprises.

For Blass, the dominant categorical boundaries of the history of art—the separations of sculpture from photography from painting, and figuration from abstraction—are lightened, released, floated, pushed through and recombined. While Blass’s work has almost always been rooted in the realities and complexities of sculpture and the body, and their attendant art histories, with this exhibition she explicitly challenges preconceptions of how bodies, sculptural form and vernacular clothing and objects are expected to behave in relation.

These sculptures do not sit comfortably in one realm, but expand and brush past borders with intense material literacy, vigorous humour, and a skillful and curious visual adeptness. Here, the gendered public language of personal adornment, the clothing that indicates the figure and their accoutrements, are mismatched, creating new forms and slippery suggestions, an uncertainty about who is wearing what and why.

Observed together, the relations between works can be inferred or extrapolated. Informed by each other, but not content only to repeat, the works have been built off of one another, mimicking the studio process, still joking amongst themselves and challenging their own art historical predecessors.

These figures are eccentrically and undeniably convincing, real and simultaneously strange, trompe l’oeils in three dimensions, layering odd details and logic to create new understandings and intentional confusions of the material and cultural world. Each chases a state of confusion, but doesn’t just hover mysteriously—to experience these works is to have observation and expectation generously challenged, material and bodily knowledge subverted.


Qu’est-ce qu’un fantôme sans son drap? Une forme invisible, la mémoire d’un individu partiellement matérialisée, une histoire rendue présente et visible seulement à partir d’une fine couche de tissu, une forme indifférente à la gravité et à la physique. Un spectre occupe un espace entre cette enveloppe et un autre plan dématérialisé, habitant les deux espaces de manière simultanée.

Dans La poudre aux yeux : Of smoke in mirrors, une exposition rétrospective des plus récentes sculptures de l’artiste montréalaise Valérie Blass, les œuvres partagent une même dérision pour les limites de la réalité physique, celles du corps et ses bagages culturels hérités. La suggestion de la présence corporelle se retrouve à nouveau dans la pratique de l’artiste, ici explicitement ou subtilement reprise dans chacune de ses œuvres. Ces sculptures ne reposent pas uniquement sur de simples astuces ou trucages, mais se confondent à travers une multitude de surprises visuelles et intellectuelles.

Pour Valérie Blass, les frontières catégorielles dominantes de l’histoire de l’art—les limites et frontières entre la sculpture, la photographie et la peinture, et entre la figuration et l’abstraction—sont allégées, relâchées, voire flottantes, pour être à la fois poussées et réinterprétées. Alors que le travail de Blass a presque toujours été ancré dans les réalités et les complexités de la sculpture et du corps, au gré des histoires de l’art qui les accompagnent, elle remet, avec cette exposition, explicitement en question les idées préconçues sur la façon dont les corps, les formes sculpturales, les vêtements et objets vernaculaires sont censés interagir et se comporter les uns avec les autres.

Les sculptures de Valérie Blass oscillent entre plusieurs langages, mais s’étendent et frôlent les frontières des sphères variées grâce à une intense connaissance des techniques, un humour vigoureux et une habileté visuelle curieuse. Ici, le langage sexué de l’accoutrement, les vêtements qui indiquent implicitement la figure et ses accessoires, sont plus ou moins bien assortis, créant de nouvelles formes et des suggestions ambigües, une incertitude sur qui porte quoi et pourquoi.

Les oeuvres entretiennent entre elles des relations parfois évidentes ou encore extrapolées. Se voulant la mémoire d’une cohabitation proche de celle de l’atelier, les oeuvres de cette exposition sont solidement ancrées dans leur matérialité, tout en continuant à tisser une trame humoristique, mettant au défis certaines évocations de l’histoire de l’art.

Ces personnages invisibles sont excentriques et convaincants. Réelles et simultanément étranges, les sculptures de Valérie Blass trompent notre réalité, notre appréciation de la pesanteur et des volumes en superposant des détails bizarres et une logique indéniable afin de créer de nouvelles compréhensions et confusions calculées de notre monde matériel et culturel. Chacune des oeuvres poursuit un état de confusion, mais ne se contente pas de planer mystérieusement. Faire l’expérience de ces œuvres, c’est accepter d’avoir ses attentes et sa perception largement questionnées, sa connaissance du corps et de la matière déstabilisée.

Documentation by Rachel Topham Photography.

Link to video walkthrough.